Tu te lèves un matin avec une idée bien précise de ce que sera ta journée !
Ne rien omettre, ne rien lâcher, fermer un instant les yeux pour se remémorer les moindre détails, les moindre couleurs et les formes.
La nuit précédente, une intuition m’était apparue, chargée de couleurs, d’énergie et de traces de couteaux qui se profilaient dans ce rêve que je ne voulais surtout pas oublier. J’étais impatiente que cette journée qui m’attendait commence et je ne voulais rien louper de cette oeuvre que j’allais commencer dans cinq minutes…
Après avoir pris une grande respiration, je prépare mes couleurs, je prends mes spalters synthétiques et c’est parti ! La première couche, suffisamment diluée pour ne pas faire d’épaisseur, une première couleur, puis une seconde, et je me laisse aller à fondre les deux. Mon tableau sera un horizontal. Partagé en deux parties non égales, le bas sera dans des tons bruns, vert et jaune et le haut plutôt jaune orangé. Après avoir passé plusieurs fines couches de peinture je peux enfin m’attaquer au sujet principal.
Je finis donc pas prendre une spatule et là, oh joie, je me laisse vraiment aller à mon émotion qui me dicte la conduite à suivre. A l’aide du couteau, je pose, par des gestes énergiques, plus ou moins d’épaisseur de peinture rouge sur la ligne médiane entre les deux espaces. Quel bonheur de se laisser aller, par le coeur, par l’émotion et par le geste.
Je suis comblée et j’adore me faire plaisir sur ce genre d’oeuvre.

